
Thé, Pavillons et Jardins de Thé
Le Chaniwa (litt. « jardin de thé »), est un véritable écrin pour le pavillon de thé. Thierry Del Socorro , grand passionné de Japon et de jardins japonais a su aller très loin dans l’étude du Chaniwa. Résidant dans les Landes, il réussit au fil des ans à donner vie à un rêve fou : construire un véritable pavillon de thé japonais et son Chaniwa en France, dans la belle campagne Landaise. Les textes qui suivent sont extraits des pages du site de Thierry que je vous invite à découvrir pour la richesse des informations qu’il contient !
Thé et Jardins de Thé, par Thierry Del Socorro, fujijardins.com
Petite histoire du thé au Japon…
Le thé occupe une place de premier ordre dans l'histoire du Japon, il a été le germe d'une culture qui s'est petit à petit détachée du modèle de toujours : la Chine. Certes le thé est encore un produit d'importation, mais il va se développer au Japon d'une manière tout à fait particulière, devenant un véritable "art de vivre", une voie (dô 道), qui va influencer de nombreux aspects de la culture nippone comme la calligraphie, la peinture, la céramique, l'arrangement floral, la cuisine, l'architecture, et bien entendu l'art des jardins.

Palissades en bambou et chemins pavés de pierres naturelles menant au chôzubachi (bassin en pierre servant aux ablutions)
Tout l'art du thé repose sur la prise de conscience de soi et de son rapport aux autres et à ce qui nous entoure dans l'instant. Un instant où chaque détail et geste a son importance, où chaque être a son rôle à jouer, un instant de partage unique, pour célébrer l'éternité. Cette célébration se fait autour de valeurs telles que la compassion, la simplicité ou encore l'égalité, chose étonnante dans un pays comme le Japon de cette époque, où toutes les relations entre personnes reposent sur un système rigide hiérarchique, d'origine confucéenne. Sen no Rikyû a défini quatre principes qui qualifient ce qu'est la voie du thé, il s'agit de : wa, kei, sei et jaku (和敬清寂), respectivement, harmonie, respect, pureté et tranquillité de l'esprit. Cette dernière ne peut se réaliser que si les 3 premiers principes sont rigoureusement observés.
Le jardin de thé
Aussi appelé roji 露地 (litt. "sol recouvert de rosée"), le jardin de thé est, comme son nom l'indique, étroitement lié au chanoyu 茶の愉 (cérémonie du thé), rituel qui se développa à partir de l'époque Muromachi (1334-1568) et auquel il sert de cadre. Comme tout archétype, il véhicule des valeurs et une philosophie de la vie toute particulière et constitue un véritable parcours initiatique durant lequel l'homme est invité à élever son esprit.
Le jardin de thé est une invitation au voyage, une invitation à quitter le monde de "tous les jours" où peines et souffrances sont lots quotidiens, pour un autre fait de tranquillité, de quiétude, où la notion de temps semble ne plus exister. C'est pourquoi le jardin de thé est coupé "visuellement" de son environnement extérieur (citadin dans la plupart des cas). Plus que dans tout autre archétype de jardins, la notion de limites, et donc de seuils, est ici une caractéristique essentielle. Limite entre le monde extérieur et le jardin, puis limites à l'intérieur même de son enceinte…


